17

jan 11

La Forteresse Noire

Vous vous souvenez de ce jeu, Return to Castle Wolfenstein ?
Un bon FPS à base de nazis et de zombies dans un château d’Allemagne centrale avec comme toile de fond la résurrection d’un Roi déchu. Et Himmler qui veut se servir de ce dernier pour lever une armée de morts-vivants et dominer le Monde.

Je pense que ce jeu et son prédécesseur, « Wolfenstein 3D », ont largement puisés leur inspiration dans le roman de F. Paul Wilson, La Forteresse Noire (The Keep).

De quoi vous donner un peu l’ambiance du dernier bouquin que je viens de lire.

Bizarrement c’est en parcourant une critique sur la musique Allemande des années 70/80 que je suis tombé sur La Forteresse Noire, le film.
Le groupe, Tangerine Dream, en avait fait la BO.

Là ce fut le flash-back.
Un film prometteur gâché par une musique inadaptée. Et je me suis rappelé qu’à cause de cela je n’avais guère dépassé le premier tiers du film. Pourtant mon esprit était toujours marqué par ce souvenir mitigé.
Il y avait un contexte qui me plaisait.

Et c’est ce qui m’a poussé à le commander sur Amazon.

Printemps 1941, un château isolé en haut d’un col de Roumanie. Des soldats Allemands qui en prennent possession (enfin c’est ce qu’ils croient). Des milliers de croix de cuivres et de nickels disposées à l’intérieur de l’édifice. Il y règne un calme inquiétant. Les oiseaux ne se posent pas dans ce lieu.

L’une des croix qui semble faite d’or va attirer la convoitise d’un des soldat de la Vehrmacht. Cet acte causera sa perte. En la descellant il va commettre une erreur fatale.

Quelque chose de froid et de sombre s’était éveillé à ses côtés, quelque chose qui avait faim

Alors que le soldat Lutz et son complice, Otto meurent en connaissant la « terreur la plus totale », ils libèrent, sans le savoir, un monstre à l’appétit féroce que personne ne pourra arrêter ; du moins, personne de commun…

Pas une nuit ne va suivre sans connaitre un cadavre égorgé.

Progressivement le seigneur des ténèbres retrouve ses forces et ce ne sera pas le SS-Sturmbannführer Kaempffer et sa meute de « serpents », arrivés en renforts, qui vont y changer quoi que ce soit.

Ni même, d’ailleurs, ce vieux Juif handicapé, historien de l’université de Bucarest accompagné de sa fille, fleur fanée par le dévouement qu’elle porte à son père.

Le Major Woermann, commandant les troupes régulières au sein de la forteresse, ne peut que désespérer en voyant la liste des cadavres s’allonger.

Seul le vieux professeur semble freiner l’hécatombe…

Mais le monstre avec qui il a réussi à nouer le contact n’est pas qu’un vampire assoiffé de sang. Au contraire on découvre que Molasar (c’est son nom) est bien plus que cela.

Un être ancien, dont les motivations vont au delà du carnage au sein de la forteresse. Un être manipulateur qui ne pense qu’à fuir le lieu où il est emprisonné depuis des siècles.

Il déforme la vérité pour dissimuler son ambition première. Le génocide Juif n’est rien en comparaison de ce qui attends le monde extérieur…

______________________

La Forteresse Noire est un bon bouquin. Il n’est pas non plus exceptionnel dans la mesure où j’attendais un peu plus de mystères et moins de dialogues.

Malgré les nombreuses références à l’univers de Howard Phillips Lovecraft (dont un remerciement à cet auteur en début de livre) et à ses contemporains, l’auteur louvoie entre les styles.

On a parfois des passages remarquables de description. Avec des évènements haletants et une envie de découvrir ce qui se cache derrière cette indicible ombre destructrice.

Mais le stress retombe assez vite quand finalement le Fantastique porte un nom et a des états d’âme.

Et puis il y a un moment fourre-tout avec la sensation que l’auteur déballe ses connaissances lovecraftiennes afin d’ancrer le récit dans ce registre.

Passé cette « désillusion » on s’habitue vite à ce côté Pulp.

Avec des zombies, un grand sorcier (ça ferait presque penser à Pius Augustus dans le jeu Eternal Darkness), un immortel gardien du temple, un artéfact caché et un peu d’amour (d’où la présence de la jeune femme).

Un peu comme ça :

Un peu de nichons, du Fantastique des Monstres et le tour est joué

Surtout que finalement l’intrigue est bien menée.
Dommage que la fin soit un peu « Hollywoodienne » mais ça correspond à l’ensemble du roman de F. Paul Wilson.

Du nazi, de la forteresse, un psychopathe en fond. C'est sur ça va gicler

La Forteresse Noire – F. Paul Wilson – Edition Milady

3 Comments

  1. Mouss dit :

    Très bon aperçu, tellement bon, qu’il donne autant envie qu’il ne donne de doutes…

    Du coup, mon cœur balance, l’ambiance à l’air proche des légendes du JV que tu cites, j’ai peur par contre que trop de dialogues tuent l’intrigue, ce que tu sembles penser.

  2. JoFission dit :

    Enfin je suis peut-être un peu dur. Il y a aussi que j’aurais préféré un bouquin encore plus glauque.

    Mais dans l’ensemble l’intrigue est pas mal et je me demande si j’ai pas trop dévoilé de choses dans ce billet … 😀

    Le reproche que je peux faire finalement c’est qu’on est trop vite à faire connaissance avec « la chose ». Limite on se demande si c’est pas un essai de psychologie sur les créatures de la nuit.

    Mais l’auteur arrive, à partir de cet état de fait, à nous embarquer sur quelque chose d’autre.

    Et ce qui avait une apparence brouillonne devient limpide.

    Voilà. Le bouquin n’est pas épais, il se lit assez vite car le style est assez plaisant. Faut pas sortir le dico à chaque coin de phrases.

Laisser un commentaire

Pingbacks & Trackbacks

  1. The Next Vortex » Whitney Houston fait du Chromatic aiguë - Pingback on 2011/01/19